vendredi 4 décembre 2020

L’assassinat du maire de Van Bedros Kapamaciyan par la Fédération révolutionnaire arménienne (1912)

 



Kapriel Serope Papazian, Patriotism Perverted, Boston, Baikar Press, 1934, p. 69 :

« Bedros Capamadjian [Kapamaciyan], le maire de Van, un homme riche et ambitieux, était devenu l’adversaire d’Ishkan [un des dirigeants de la Fédération révolutionnaire arménienne dans cette ville]. Il fut abattu un soir d’hiver, en [décembre] 1912, pendant qu’il entrait dans sa voiture à cheval en compagnie de sa femme et de sa fille. »

 




Hasan Oktay, « On the Assassination of Van Mayor Kapamaciyan by theTashnak Committee », Review of Armenian Studies, 1, 2002:

« Bien que nous n’ayons pas beaucoup d’informations sur le passé de Kapamaciyan [avant son élection comme maire de Van en 1909], il est bien connu qu’il était un membre éminent d’une famille respectée, qui pratiquait le commerce de la draperie.

Les habitants étaient satisfaits de lui pendant son mandat. Il n'a pas facilité les aspirations du Comité révolutionnaire arménien Tashnak [Fédération révolutionnaire arménienne], qui était dirigé par [Aram] Manukian et qui était très influent à Van. Kapamaciyan a tenté d’œuvrer honnêtement pour la paix et la prospérité de toutes les communautés vivant à Van, et d'agir toujours en faveur des intérêts ottomans, mais non de ceux des comités Tashnak et Hinchak [parti créé en 1887], qui avaient des objectifs révolutionnaires et séparatistes. Alors que le maire Kapamaciyan travaillait dur pour la paix et pour l'avenir de ses électeurs, le patriarche arménien a lancé, de conserve avec le comité tachnak [Fédération révolutionnaire arménienne] des initiatives visant à provoquer à la rébellion à Van et ses environs afin de convaincre les États européens que la “cause arménienne” était toujours active.

En accord avec ces plans, une série d'incendies se déclara à Van en avril 1912 ; les maisons de certains Arméniens furent détruites, comme d’autres, par les flammes. Le patriarche a demandé au maire [Kapamaciyan] de signaler ces incendies aux ambassades européennes et de leur affirmer que les musulmans étaient prêts à détruire les propriétés et à tuer les Arméniens et que les musulmans étaient responsables des incendies. Contrairement à ce qu'on lui a demandé, le maire Kapamaciyan a préparé un rapport indiquant que les incendies avaient été déclenchés par les comités arméniens Tashnak. Il s'est également rendu au bureau du gouverneur de Van et a exprimé sa loyauté et sa fidélité à l'Etat ottoman. Le patriarcat a dès lors envoyé une délégation à Van immédiatement et a essayé de calmer le maire et d’étouffer l’affaire, parce que Kapamaciyan était un homme très respecté et influent parmi les Arméniens. Sa position contre les révolutionnaires arméniens aurait mis en danger les activités de ces comités

En conséquence, les comités révolutionnaires arméniens ont trouvé l'attitude du maire Kapamaciyan irréfléchie et il a été décidé de l’assassiner. Les bandes terroristes révolutionnaires avaient auparavant commis des assassinats contre des dirigeants arméniens qui soutenaient l'intérêt ottoman dans son ensemble et visaient à semer la terreur et à éliminer toute opposition, même parmi leur propre peuple. »


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