jeudi 31 mars 2022

Aram Effendi et Süleyman al-Boustani contre les crimes de guerre grecs (1922)



 

 Aram Effendi (1856-1926) était un Arménien catholique ottoman, sympathisant unioniste puis kémaliste. Süleyman al-Bustani (1856-1926), maronite libanais, fut ministre ottoman de l’Agriculture et du Commerce, de janvier 1913 à novembre 1914. Tous deux siégèrent au Sénat jusqu’à la fin de l’Empire ottoman (novembre 1922).

 

« Appel des sénateurs ottomans », Orient & Occident, septembre 1922, pp. 117-118 :

« Les sénateurs ottomans ont adressé l'appel suivant à leurs collègues français :

 

Constantinople, le 6 Juillet 1922.

Monsieur le Sénateur.

Le moment nous semble venu d'en appeler aux sentiments humanitaires de Messieurs les membres de la Haute Assemblée, pour les prier d'envisager avec intérêt la désolation qui règne dans les régions cruellement éprouvées par l'invasion des Hellènes.

La Haute Assemblée n'est pas sans connaître que les troupes helléniques ont occupé Smyrne le 15 mai 1919, pour des raisons injustifiées. Depuis cette date, elles n'ont cessé de commettre les plus horribles et les plus criminels actes de cruauté envers la population musulmane des villages et des villes qu'elles ont dévastés. Dans la province de Smyrne, la marche de l'envahisseur a été partout accompagnée de massacres, de viols, de pillages, d'incendies, etc. Ces faits notoires ayant nécessité une enquête interalliée, les grandes puissances avaient résolu de confier cette tâche à une Commission composée d' un amiral américain, M. Bristol, de trois généraux M. Hare, anglais, M. Bunoust, francais, et M. Dall'Olio, italien. L'enquête ouverte a établi l'authenticité des faits imputés, et la Commission les a consignés dans le rapport qu'elle a remis auxdites puissances.

Cependant ce rapport n'a pu être intégralement publié et l'impunité qui en a résulté n'a fait qu'enhardir dans leurs œuvres les auteurs de ces crimes. C'est dire que les envahisseurs hellènes se sont de plus en plus acharnés contre les musulmans, n'épargnant ni vieillards, ni femmes, ni enfants. Au cours de leurs exploits criminels, ils n'ont pas perdu de vue les moyens de s'enrichir ; le prétexte auquel ils ont eu constamment recours, fut de porter de fausses accusations sur des gens riches ou des notables réputés comme tel, de maltraiter, d'emprisonner, de torturer ou déporter quiconque ne pouvait racheter sa liberté. Ceux qui ont réussi à échapper aux agresseurs se sont enfuis vers les régions intérieures de l'Anatolie, ou réfugiés à Constantinople. Le nombre des émigrés à Constantinople, parmi lesquels se trouvent aussi des Israélites, dépasse 60 000. La plupart de ces malheureux sont, à l'heure qu'il est, entretenus par le Gouvernement ottoman et des Comités de secours turcs, anglais, français et américains. Plusieurs personnes étrangères qui ont visité les locaux, hâtivement aménagés pour abriter ces malheureux émigrés, ont dû mesurer l'étendue des atrocités commises par la soldatesque effrénée de l'invasion et constater, en même temps, la façon horrible dont un grand nombre de ces personnes a été lâchement mutilé.

Parmi ces visiteurs, nous devons citer les hauts commissaires de Grande-Bretagne, de France, d'Italie et d'Amérique, les officiers supérieurs des armées de ces puissances, les notables anglais, français, italiens, américains, etc., ainsi que leurs familles. De même, une mission, composée du général Franks (anglais), du colonel Vicq (français), du colonel Roletto (italien) et d'autres personnalités étrangères, entre autres, M. Maurice Gehri, délégué du Comité international de la Croix-Rouge, Miss Allen et Miss Billings, etc., qui sont allés dans les régions littorales de la Marmara, et dans les autres contrées ravagées par les Hellènes et leurs acolytes grecs indigènes, ont fait la même constatation pénible. Malheureusement cette constatation a subi identiquement le même sort que l'enquête précédente.

Un fait non moins fâcheux, qui mérite d'être également signalé, c'est que, bien que Constantinople soit placé depuis plus de deux ans sous l'occupation militaire des trois grandes puissances alliées, les Hellènes et leurs acolytes, certains Grecs indigènes osent y commettre, ainsi que dans les environs immédiats de la capitale, des actes que la législation de tous les pays qualifierait de crime et punirait comme tel ceux qui s'en rendraient coupables, et il n'est pas jusqu'au clergé qui n'y apporte sa part active. Ainsi, les agents, tant civils que militaires de Grèce, même le Patriarcat Œcuménique siégeant à Constantinople, enrôlent des Grecs indigènes, les soumettent à des impôts dont le rendement est destiné à alimenter l'armée hellène, les poussent au soulèvement contre l'État dont ils sont les ressortissants et tout cela est fait aux acclamations des journaux attachés à leur cause, des prêtres et d'autres propagandistes grecs.

Placé qu'il est sous le régime de l'occupation, le Gouvernement ottoman est condamné à rester inactif et ne peut réagir contre ces pratiques subversives. Malgré tout ce qui précède, tandis que les plaintes et les protestations légitimes et fondées des Turcs ne trouvent pas d'échos, la propagande calomnieuse, sans cesse dirigée contre eux, semble être accueillie avec sympathie. Ainsi, les accusations de l'Américain M. Ward, ont immédiatement trouvé crédit, tandis qu'elles sont déclarées infondées par les concitoyens mêmes de l'accusateur, qui résident dans la même localité. Profondément affligés de l'injustice à laquelle le peuple turc se trouve exposé depuis plus de trois ans, les soussignés, sénateurs de l'Empire ottoman, ont l'honneur de s'adresser aux sentiments de justice et d'équité de leurs honorables collègues français, en les priant de vouloir bien prêter leur précieux concours pour mettre fin à l'occupation dont il s'agit, occupation qui est, sans contredit, la source principale de cette situation intolérable.

Dans l'espoir que notre demande, légitime sous tous les rapports, sera agréée par la Haute Assemblée, nous vous prions, Monsieur le sénateur, de vouloir bien agréer les assurances de notre très haute considération. -

Chérif Ali Haïdar pacha. — Chérif Nassir bev. — Chérif Djafer pacha. — Séïd Abdulkadir effendi. — Maréchal Fouad pacha. — Maréchal Omer Ruchdi pacha. — Youssouf Zia pacha. — Réouf pacha. — Arif Hikmet pacha. — Halid pacha. — Général Mahmoud pacha. — Adbubrahman Chéref effendi. — Halim bey. — Ibrahim bey. — Rifat bey. — Général Hadi pacha. — Adil bey. — Général Izzet Fouad pacha. — Général Suleiman pacha. — [Süleyman] Bustany effendi. — Moustafa effendi. — Nouri bey. — Faïk bey. — Eram [Aram] effendi. — Séïd bey. — Naïm bey. — Suleïmanulbarouni effendi. »

 

Claude Farrère, « La Turquie ressuscitée — Choses vues », Les Œuvres libres, décembre 1922, p. 55 :

« Mais rien n’approche en horreur à la Goya les campements de réfugiés campements de réfugiés , épars sur la terre nue, sans literie , sans paille même, et qui serre leur cercle sinistre autour d'une soupe économique, distribuée deux fois par jour. J’ai passé parmi ces campements-là . J'ai caressé les enfants — déjà tristes — que me tendaient les mères. Et souvent, au passage, des hommes et même des femmes ont découvert pour moi telle plaie affreuse, ou telle mutilation dont la sauvagerie eût effrayé un cannibale : les Grecs avaient fait cela ; — oui ! les Grecs, réguliers ou irréguliers, et, parfois, sur l'ordre de leurs chefs…

Mais les misères musulmanes se portent en silence . Et je l'ai dit, Stamboul, dévasté , affamé, et occupé , — occupé à l'anglaise ! — continue d'étonner ses hôtes par son irréprochable et splendide dignité. »

 

Lire aussi, sur les Arméniens loyalistes :

Aram Efendi, une figure laïque de la communauté arménienne catholique

Le rôle des Arméniens loyalistes en Turquie pendant la guerre de libération nationale et la conférence de Lausanne

Le rôle du député jeune-turc Dikran Barsamian dans la reconstitution du Comité Union et progrès, fin 1918

Artin Boşgezenyan : un Jeune-Turc à la Chambre des députés ottomane

Hrant Bey Abro et les relations gréco-ottomanes

L’assassinat du maire de Van Bedros Kapamaciyan par la Fédération révolutionnaire arménienne (1912)

 

Sur les crimes de guerre grecs et la guerre de libération nationale turque :

Le témoignage de l’ingénieur français Camille Toureille sur la politique de la terre brûlée mise en œuvre par l’armée grecque et sur l’incendie d’İzmir

Le soutien nationaliste arménien à l’irrédentisme grec-constantinien, massacreur de marins français et de civils turcs

Le modèle grec des nationalistes arméniens

Cinq témoignages américains contredisant la prétendue « extermination des chrétiens du Pont-Euxin » en 1921

L’amiral Mark L. Bristol et les Grecs

Berthe Georges-Gaulis et les Grecs

La contribution française à la victoire de la Turquie kémaliste sur la Grèce constantinienne (1921-1922)

L’évolution d’Émile Wetterlé sur la question arménienne et les Turcs

 

Sur les Arméniens catholiques :

L’Empire ottoman tardif et ses catholiques (y compris les Arméniens catholiques)

Les catholiques (y compris les Arméniens catholiques) et la guerre d’indépendance turque

L'anti-catholicisme virulent au sein du millet arménien (grégorien)

L'importance de la musique occidentale dans l'Empire ottoman tardif et la République kémaliste : l'exemple de l'Arménien catholique Edgar Manas

samedi 26 mars 2022

1895 : quand un terroriste arménien voulait assassiner le consul de France à Sivas

 


 

Émilie Carrier (épouse du consul de France à Sivas, chevalière de la Légion d’honneur), Au milieu des massacres, Paris, Juven, 1903 (journal tenu en 1895 par l’auteur) :

« Il [son mari le consul] monte vite sur la terrasse. Je le suis. Quelques balles sifflent au loin. Nous ne voyons aucun signal.

Soudain Maurice me dit : “Ah çà ! qu'est-ce qu'il fiche, celui-là, en face ?” Je regarde, il me montre à trente mètres, à la lucarne d'un grenier, une tête d'Arménien, et, tout contre, un fusil. Brusquement il me repousse, une balle passe, tandis qu'un peu de fumée sort de la lucarne. » (p. 60)

« Maintenant que le calme est revenu, Maurice met Panayoti au courant de la tentative d'assassinat de l'Arménien d'en face, la veille.

— Bien, fait Panayoti [l’un des deux domestiques du couple] tranquillement, en tâtant sa ceinture, je vais le tuer, n'est-ce pas ? [Cette réaction spontanée du domestique, à l’évidence Grec (catholique ou orthodoxe, ce n’est pas clair) démontre, s’il le fallait, que les méthodes expéditives n’étaient pas l’apanage des musulmans dans l’Empire ottoman.]

— Je te le défends, mais tâche de savoir pourquoi il m'en veut. Il doit avoir, ma parole, la tête un peu dérangée !

[…]

Panayoti revient, l'air farouche, et s'en va causer avec mon mari. Il paraît que l'Arménien a tout avoué. Oui, il s'est dit que, si son Consul était tué, on croirait que c'est par les Turcs, et alors la France enverrait son armée le venger — et sauver, du même coup, la nation arménienne. Panayoti a d'abord fait mine de l'étrangler. L'Arménien alors s'est traîné à ses genoux en suppliant.

— Voilà ! et alors, qu'est-ce que décide monsieur le Consul ?

— Je décide, mon ami, qu'il ne faut rien dire. Si on le savait, on le brûlerait vif...

— Il l'a mérité.

— ... Mais alors la populace égorgerait, soi-disant pour me venger, tous les autres Arméniens. Non, l'air est mauvais sur la terrasse, je n'y remonterai plus, voilà tout ! » (pp. 76-78)

 

Lire aussi :

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Les prétendus "massacres hamidiens" de l'automne 1895

L’arménophile Francis de Pressensé sur l’impossibilité démographique du séparatisme arménien en Anatolie (1895)

La conflagration arménienne et la fin de l’Empire ottoman vues par le journaliste et ex-diplomate Francis Charmes

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1897 : le choc entre le loyalisme juif à l’État ottoman et l’alliance gréco-arménienne

« L’Assiette au beurre » : soutien à la cause arménienne, turcophobie et antisémitisme prénazi

mardi 15 mars 2022

Hamit (Kapancı) Bey et les Arméniens

 



 Lettre du catholicos de Cilicie à la Délégation nationale arménienne, 29 novembre 1921,  reproduite dans Michel Paillarès (agent d’influence de la Grèce et arménophile par intérêt), Le Kémalisme devant les Alliés, Paris-İstanbul, éditions du Bosphore, 1922, p. 385 :

« Et comme il [le consul général de France à Adana, Osmin Laporte] louait la loyauté de Hamid [Hamit] Bey [nommé préfet d’Adana], je lui fis remarquer que je le connaissais personnellement, qu’il était loyal et bon et que tant qu’il fut gouverneur de Diarbékir, il n’y eut ni massacres ni déportations dans cette région, mais qu’une nation ne pouvait confier la sauvegarde de son existence à une seule personnalité [Hamit Bey était loin d’être le seul haut fonctionnaire valable qu’Ankara ait envoyé à Adana en 1921, mais ce n’est pas le sujet ici]. »

 

Clair Price, « Present Turkish Rule in Cilicia », Current History, XVI-2, mai 1922, p. 220 :

« “Il n’y avait qu’une seule façon de garder les Arméniens en Cilicie” [fin 1921], m’a dit Hamid [Hamit] Bey à Adana. “Nous aurions pu interdire leur émigration, ce que nous avions sans doute le droit de faire, mais qui aurait provoqué un grand tollé dans tout l’Occident contre nous. Nous avons essayé de les persuader de rester par leur propre volonté, mais ils ont choisi de partir. Aujourd’hui, ils sont entassés dans des casernes à Alexandrette et les conditions sont mauvaises parmi eux, comme toujours en pareil cas, quand des milliers de réfugiés sans le sou sont parqués ensemble.

Sur environ 65 000 Arméniens qui ont fui la Cilicie, une cinquantaine sont revenus. En attendant, leurs maisons les attendent ici ; nous avons besoin de milliers d’ouvriers pour réhabiliter la Cilicie, et ils vivent dans le besoin et l’oisiveté à quelques kilomètres d’Alexandrette. Nous avons fait de notre mieux pour les garder ici, mais plutôt que de leur donner matière à se plaindre contre nous, lorsqu’ils ont insisté pour partir, nous les avons laissés partir. Je suis convaincu, après avoir rencontré leurs dirigeants à Yenidje et à Mersina, que rien de ce que nous aurions pu dire ou faire n’aurait servi à les retenir ici. Nous travaillions contre un ordre précis de l’organisation arménienne [le Conseil national de Cilicie, regroupant la Fédération révolutionnaire arménienne, le Hintchak, le Ramkavar et les Églises], leur ordonnant tous de quitter le pays en signe de protestation contre la restauration, décidée par les Français, de notre contrôle de la Cilicie.” »

 

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La proposition d’İsmet İnönü, à la conférence de Lausanne, pour un retour massif, en Turquie, de réfugiés arméniens

Le soutien nationaliste arménien à l’irrédentisme grec-constantinien, massacreur de marins français et de civils turcs

dimanche 20 février 2022

Avec quel argent le terroriste Jean-Marc « Ara » Toranian a-t-il créé « Les Nouvelles d’Arménie magazine » en 1993 ?


 

 

Markar Melkonian (frère du terroriste Monte Melkonian, lequel fut numéro 2 de l’Armée secrète arménienne pour la libération de l’Arménie de 1980 à 1983 ; il a suivi de près toutes les activités de son frère sans y prendre part), My Brother’s Road, Londres-New York, I. B. Tauris, 2007, p. 159 :

« [Hagop] Hagopian [cofondateur de l’ASALA, engagé dans une vendetta avec Monte Melkonian et ses partisans après la scission de juillet 1983] était donc mort [le 28 avril 1988]. […]

L’humeur joyeuse de Monte s’assombrit cependant lorsque son vieux camarade Ara Toranian lui rendit visite à [la prison de] Poissy et lui annonça qu’Hay Baykar [journal de l’ASALA en France jusqu’en août 1983, puis des dissidents de l’ASALA-Mouvement révolutionnaire] allait cesser de paraître. Quelques années à peine auparavant, des milliers de manifestants avaient marché sous la bannière du groupe formé autour de cette feuille. Mais depuis l’attentat d’Orly [erreur de chronologie : le déclin du groupe de M. Toranian fut progressif et l’attentat d’Orly n’en fut qu’une étape parmi d’autres], le groupe avait perdu des membres, même s’il avait essayé de payer les frais d’avocats pour Monte et d’autres militants arrêtés. Maintenant, les caisses étaient vides, et la mort d’Hagopian fournissait enfin l’excuse pour arrêter de publier le journal. »

 




Renseignements généraux de la préfecture de police de Paris, Compte-rendu de manifestations, 19 avril 1986, Archives de la préfecture de police de Paris, carton BA 2329 :

« […] M. Jean-Marc Toranian, dit “Ara”, né le 20 février 1954, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), domicilié chez ses parents […] »

 

Renseignements généraux de la préfecture de police de Paris, « La diaspora arménienne prête à aider l’Arménie, mais sous conditions », 21 février 1992, même carton :

« Si toutes les tendances politiques de la diaspora reconnaissent l’honnêteté de la bonne volonté du président Levon TER PETROSSIAN, elles se méfient de la plupart des nouveaux membres du gouvernement et des dirigeants du régime, “qui ne sont en fait que d’anciens aparatchiks du régime communistes, habitués à profiter de leurs prérogatives pour s’enrichir, et qui entendent continuer sous une autre étiquette.”

Les partis traditionnels de la diaspora [notamment la Fédération révolutionnaire arménienne], peu représentés au Parlement arménien, demandent l’élaboration d’une nouvelle Constitution et de nouvelles élections parlementaires, plus représentatives, surtout depuis qu’ils ont pu rouvrir des permanences en Arménie.

Face à cette résistance des partis historiques de la diaspora, les anciens membres du Parti communiste, maintenant membres du “Mouvement national arménien” tentent de contourner le problème en créant de nouvelles associations et organisations plus malléables.

[…]

Il faut placer également dans ce contexte la nouvelle activité de M. Jean-Marc TORANIAN, et des militants de son ex-mouvement, le “Mouvement national arménien” [branche politique de l’ASALA jusqu’en 1983, à ne pas confondre avec le MNA d’Arménie], disparu depuis février 1989, qui, bien que n’ayant, selon les dires de ses responsables, aucun rapport avec le parti au pouvoir en Arménie, de par son intitulé, laisse toujours planer une ambiguïté. Ainsi, ils ont créé une “Association franco-arménienne de presse et de communication”, qui a pour but de “renforcer l’amitié des peuples français et arménien […] avec des moyens de diffusion radiophoniques et tous autres moyens audiovisuels”. Les militants de cette organisation tenteraient actuellement de prendre le contrôle de la radio arménienne de la région parisienne, “radio AYP FM”, contrôlée par le parti “Dachnaktzoutioun” [c’est-à-dire la Fédération révolutionnaire arménienne, dont M. Toranian a claqué la porte en 1973]. »





Cette tentative de rachat d’AYP FM a échoué. M. Toranian est donc revenu à la presse écrite, l’année suivante.

Remarquons pour finir — et sans, naturellement, tirer des conclusions péremptoires de cette observation — que, jusqu’à plus ample informé, M. Toranian est l’unique figure du nationalisme arménien, en diaspora, qui ne soit pas franchement hostile au Premier ministre Nikol Pachinian, alors même que ce dernier s’est — difficilement — engagé sur la voie de la paix avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, depuis novembre 2020 et plus encore depuis sa victoire électorale de juin 2021.

 

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dimanche 9 janvier 2022

L’arménophilie de Rokhaya Diallo


Exemple de dévastation commise par les nationalistes arméniens dans les territoires occupés jusqu’en 2020.

 

« Haut-Karabakh : pourquoi ce silence de la gauche occidentale ? », Nouvelobs.com, 11 novembre 2020 :

« Le 27 septembre 2020, l’Azerbaïdjan a de nouveau attaqué le peuple de l’Artsakh (Nagorno-Kharabagh). Depuis lors, il n’a cessé de violer les cessez-le-feu et la guerre qui vient de se dérouler est la plus sanglante que la région ait connue depuis la guerre lancée par l’Azerbaïdjan indépendant en 1991 contre l’Artsakh. C’était alors sa réponse aux manifestations pacifiques des Arménien.ne.s d’Artsakh qui souhaitaient ainsi mettre fin à l’annexion arbitraire de leur pays décidée par Staline en 1921 [mensonge grossier]. […]

La Turquie, pour sa part, a soutenu son satellite [sic] dans le Caucase, espérant sans doute achever le projet de purification ethnique que l’Empire ottoman avait largement entamé avec un génocide en 1915. Pour cela, elle n’a pas hésité à envoyer des mercenaires terroristes venant de Syrie dans les champs de bataille [autre mensonge grossier : le ministère arménien de la Défense en a été réduit, pour justifier son incapacité à montrer un seul corps, à prétendre que les cadavres avaient été… mangés par des sangliers]. […]

Dans ce contexte, le soutien de la diaspora était évident et nécessaire : de nombreuses manifestations ont été organisées dans les quatre coins du monde, pour exiger la reconnaissance de l’Artsakh. A ces occasions, des hommes politiques dans nombre de pays européens, en Amérique latine, au Canada, aux Etats-Unis, etc. ont clairement exprimé leur engagement en faveur de la liberté et de la paix pour l’Artsakh. […]

Pour une paix juste et durable en Artsakh :

Reconnaissance de l’indépendance de la République de l’Artsakh et mise sous protection de sa population !

Refus des récupérations réactionnaires, chauvines ou racistes !

Stop aux ventes d’armes à l’Azerbaïdjan et à la Turquie [manière sournoise de s’en prendre à Israël] !

Sanctions politiques et économiques pour les crimes commis par la Turquie et l’Azerbaïdjan ! 

Appel initié par la Coordination pour un soutien internationaliste à l’Artsakh et soutenu par : Viviane Albenga, sociologue (Université de Bordeaux Montaigne) ; Ariane Ascaride comédienne ; Hamit Bozarslan, historien et politologue (Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales) ; Sergio Coronado, militant écologiste ; Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône (PCF) ; Rokhaya Diallo, journaliste et réalisatrice […] Pierre Tevanian, philosophe ; Sylvie Tissot, sociologue (Université de Paris VIII) ; Valentine Guédiguian, artiste ; Yann R., syndicaliste Sud-Education.

Organisations signataires : Parti communiste français, Collectif LMSI (Les mots sont importants), Mouvement Charjoum, Conseil démocratique des Kurdes de Toulouse, Eunomia (association d’expérimentation sociale et politique). »

 

https://twitter.com/moutet/status/1330568579272626177

« Une  gourde du @washingtonpost [Karen Attiah] raconte qu'on fiche les enfants musulmans avec un "numéro spécial" (le numéro national d'étudiant de tous les élèves niveau bac & après depuis 1995): l'Ambassade de France au Pakistan essaie maintenant de prévenir des attentats contre des Français. »

 

https://twitter.com/tudoralexis1/status/1330667263851106304

« S’il vous plaît [Karen Attiah], suivez le conseil d’une “personne française non-blanche” et soignez votre francophobie. »

 

Tweet de soutien de Mme Diallo à la menteuse Karen Attiah, qui a mis en danger les Français du Pakistan :

« En réalité ce qui INSUPPORTE nos élites qui critiquent ardemment les «médias américains», c’est le fait d’assister avec impuissance à l’expression de non-Blanc.he.s décrivant la France selon leurs propres termes dans des sphères auxquelles ils/elles n’ont pas accès. Cheh! »

 

Rokhaya Diallo, « Josephine Baker enters the Panthéon. Don’t let it distract from this larger story », The Washington Post, 21 novembre 2021 :

« L’histoire de Baker [décorée de la Médaille de la Résistance avec rosette, de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Légion d’honneur à titre militaire, pour son attitude héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale] est souvent utilisée en France pour faire avancer le mythe d’une république prétendument plus accueillante pour les Noirs que ne le sont les États-Unis. En effet, tout au long du XXe siècle, la France a construit ce récit en accueillant de nombreux artistes afro-américains, dont Sidney Bechet, Richard Wright, James Baldwin, Nina Simone et d'autres qui ne supportaient plus l’oppression aux États-Unis. »

 

Évidemment, dans ce délire francophobe, Mme Diallo ne cite pas une seule fois Blaise Diagne, député-maire de Dakar de 1914 à sa mort, vingt ans plus tard, sous-secrétaire d’État aux Colonies de 1931 à 1932 ; ni Félix Éboué, Noir guyanais, premier gouverneur colonial rallié à la France libre ; ni Gaston Monnerville, autre Noir guyanais, président du Sénat de 1947 à 1968.

 

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9 août 2020 : nouvelle manifestation de soutien à l’Azerbaïdjan en Israël

samedi 8 janvier 2022

Les attentats perpétrés le 8 janvier 1977 à Moscou par des terroristes arméniens


 

Oleg Kuznetsof, The History of the Transnational Armenian Terrorism in the Twentieth Century, Berlin, Verlag Dr. Köster, 2016, p. 133 :

« En résumé, le 8 janvier 1977, Zatikian, Bagdasarian et Stepanian [membres du Parti national unifié d’Arménie, une organisation clandestine et terroriste] organisent une explosion dans le métro de Moscou et font exploser deux bombes artisanales dans des magasins d’alimentation du centre de Moscou. Ils avaient trois autres bombes prêtes à exploser à la gare de Koursk (la tragédie a été empêché par hasard) et suffisamment de pièces détachées et d’explosifs pour fabriquer 17 bombes supplémentaires, soit 23 (!) “machines infernales” en tout. Ils ont délibérément synchronisé leurs crimes avec les vacances scolaires (lorsque des enfants de toutes les régions du pays viennent à pour voir l’arbre du Nouvel an au Kremlin) dans l’espoir de causer des dommages non seulement matériels, mais aussi psychologiques. L’explosion à la gare de Koursk a été programmée pour coïncider avec le 60e anniversaire de la Grande Révolution socialiste d’octobre, une date importante à l’époque soviétique accompagnée de grandioses célébrations auxquelles assistaient de hauts responsables des pays alliés. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment-là, Zatikian avait déjà écrit sa brochure Terrorisme et terroristes qui justifiait les crimes de ce genre. Lui et ses copains étaient motivés par l’idéologie plutôt que par le nationalisme enragé. »

 

Le bilan officiel est de sept morts.




 

À noter que le journal de Jean-Marc « Ara » Toranian a inconditionnellement soutenu les trois poseurs de bombes (condamnés à mort et pendus), les qualifiant de « patriotes », sans un mot pour leurs victimes :

 




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vendredi 7 janvier 2022

Rappel : Pierre Tévanian n’est pas Charlie

 http://indigenes-republique.fr/pour-la-defense-de-la-liberte-dexpression-contre-le-soutien-a-charlie-hebdo/

« Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement [fin 2011] faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.

Nous affirmons :

qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégats matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman.

que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.

[…]

qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégats matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première “affaire des caricatures” – bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

[…]

Saïd Bouamama est sociologue et militant antiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja sont membres du Parti des Indigènes de la République ; […] Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes [sic]. »


Chacun connaît la suite :



Faysal Riad, « De quoi Charlie est-il le nom ? », Les mots sont importants (site dirigé par Pierre Tévanian, qui est donc l’auteur, au sens juridique, de ce vomi), 13 janvier 2015 :

« Puisque ce sont [les journalistes et dessinateurs massacrés] des racistes, il n’est pas anodin, aujourd’hui, de choisir pour défendre la liberté d’expression, d’honorer la mémoire de ce journal-là : ce serait choisir, pour critiquer la peine de mort par exemple, non pas seulement de mettre en cause la manière honteuse dont on a exécuté un Pierre Laval, mais d’aller jusqu’à honorer sa mémoire en poussant tous les opposants à la peine de mort à assumer un “Je suis Laval” qui, espère-t-on, les répugnerait.

Je suis opposé à la peine de mort mais je ne pourrais jamais écrire “Je suis Laval”. Je suis pour la liberté d’expression et contre le meurtre mais je ne pourrais jamais écrire “Je suis Charlie”. »


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