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mardi 25 novembre 2025

1921 : l’union sacrée des populations du Karabakh et du Zanguézour (Azéris, Arméniens et Kurdes) contre l’occupation bolchevique

 


« Les Républiques du Caucase — L’insurrection en Azerbaïdjan », Le Temps, 28 avril 1921, p. 2 :

« On nous écrit de Constantinople :

D'après le récit d'un réfugié qui avait quitté Bakou vers la fin du mois de mars, les soulèvements de la population de l'Azerbeïdjjan contre les bolchevistes russes continuent presque sans relâche.

La situation dans la province de Lenkoran [Lankaran], où règne l'insurrection, n'a pas changé  beaucoup en faveurdes bolchevistes, qui n'occupent que la ville seule [depuis décembre 1920], et encore, grâce à la flotte de la Caspienne. Les alentours, ainsi que la majeure partie de la province, se trouvent entre les mains des insurgés qui repoussent les demandes d'armistice. Les Soviets de Bakou ont envoyé d'urgence à Lenkonan le commissaire “le plus à la mode”, Husseinof (étudiant imberbe) pour qu'il tente de se faire entendre par la population, mais il n'a pas pu se servir de son éloquence, la population de la ville, étant mal disposée envers les bolchevistes. Après avoir attendu en vain trois jours sans pouvoir se faire entendre, l'envoyé de Bakou fut obligé de se rembarquer devant l'attitude menaçants des habitants.

Dans le Karabagh, le mouvement insurrectionnel commence à prendre un nouveau caractère. Jusqu'ici, les bolchevistes appliquaient dans cette région à la population mélangée leur politique traditionnelle “Diviser pour régner.” C'est elle qui leur a permis de réprimer les grands soulèvements de Gandjà et d'Agdan [Agdam], grâce au concours de la population arménienne. Après l'installation des bolchevistes en Arménie, et depuis que les Arméniens ont connu par eux-mêmes ce régime, leur attitude s'est modifiée. Les régions montagneuses du Karabagh, et surtout du Zanghezour, sont devenues l'asile des réfugiés arméniens poursuivis par les bolchevistes d'Erivan. Ainsi est née la solidarité entre les deux populations qui veulent s'entendre dans la lutte contre l'ennemi commun.

Au moment où la personne qui nous donne ces détails s'apprêtait à quitter Bakou, on venait d'y recevoir la nouvelle de l'entrée à Choucha (capitale du Karabagh) des détachements tartaro-kurdo-arméniens de Sultan bey Sultanof, le frère de l'ancien gouverneur général du Karabagh, emprisonné traîtreusement par les bolchevistes. On l'avait fait venir à Bakou par ruse, en lui promettant un accueil somptueux, et une fois qu'il fut entré en ville, il fut jeté en prison. Les Kurdes sont l'élément le plus guerrier de l'Azerbeïdjan, et, une fois engagés dans la lutte, ils la font avec fermeté et persévérance. Vu ce caractère nouveau de l'insurrection du Karabagh, ainsi que la situation stratégique de la région montagneuse et la difficulté des communications, les préoccupations des maîtres de Bakou doivent être sérieuses, et l'œuvre de “pacification” de l'Azerbeïdjan sera une tâche assez difficile pour les “pacifistes” de Moscou. »

 

Audrey Altstadt, The Azerbaijani Turks, Stanford (Californie), Hoover Institution Press, 1992, p. 111 :

« La bataille de Gandja [mai-juin 1920] fut le début, et non la fin, de la résistance armée à la conquête de l’Azerbaïdjan par les bolcheviques. Après l’écrasement de Gandja, des soulèvements se sont produits au Karabakh et au Zakatala. […] Des batailles similaires eurent lieu dans chaque grande ville d’Azerbaïdjan — à Choucha et dans les autres villes du Karabakh, à Nuka, à Barda, dans les régions du Zanguézour et du Nahçivan. […] 

La résistance armée au pouvoir communiste était récurrente a continué jusqu’en 1924 au moins. »

 

Lire aussi :

Les massacres d’Azéris par les dachnaks et les divisions entre Arméniens à ce sujet (1918-1920)

L’exaspération de Lord Curzon face à la politique de purification ethnique mise en œuvre par l’Arménie (1920)

La participation de la Fédération révolutionnaire arménienne à la répression sanguinaire des Soviétiques contre les patriotes d’Asie centrale en 1918-1919

La popularité du stalinisme dans la diaspora arménienne

L’alliance soviéto-nazie (1939-1941) et les projets staliniens contre la Turquie

L’arménophilie stalinienne de Léon Moussinac

L’Union générale arménienne de bienfaisance et le scandale des piastres

Le rôle de l’URSS et de l’ASALA dans la réactivation des thèmes antisémites et antimaçonniques du nationalisme arménien


Et sur les aspects contemporains :

Le consensus poutiniste chez les nationalistes arméniens

Jean-Marc « Ara » Toranian relaie la désinformation russe contre l’Ukraine et la Turquie

Édouard Broussalian : complotiste, putschiste, antisémite, poutiniste, diffamateur et nationaliste arménien (ensemble connu)

Le dachnak Haytoug Chamlian vitupère la politique de paix du Premier ministre arménien et injurie la majorité de ses compatriotes (diaspora incluse)

Le poutiniste Franck « Mourad » Papazian n’aime ni la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ni l’OTAN

L’hostilité intangible des nationalistes arméniens à l’égard de l’Ukraine

L’aide turco-azerbaïdjanaise à l’Ukraine contre l’invasion russe

jeudi 5 juin 2025

Le rôle de l’URSS et de l’ASALA dans la réactivation des thèmes antisémites et antimaçonniques du nationalisme arménien




Résumé : dans le cadre d’une production antisémite très abondante en URSS entre les années 1960 et 1980, et d’un soutien de l’URSS au nationalisme arménien à partir du milieu des années 1960, John Guiragossian (Kirakosian), dirigeant clé de la République soviétique d’Arménie, a publié, en arménien en 1982 puis en russe en 1983, un ouvrage accusant l’Empire ottoman de « génocide », et reprenant la théorie du « complot des banquiers juifs derrière le sultan Abdülhamit » et celle du « complot judéo-maçonnico-dönme derrière le Comité Union et progrès ». La très prosoviétique Armée secrète pour la libération de l’Arménie (ASALA) a publié en 1985 une traduction française. En Arménie comme dans la diaspora, très au-delà des seuls soutiens de l’ASALA, et jusqu’à nos jours, ce livre est présenté comme une référence solide.

 

Un peu de contexte pour commencer :

Nicolas Lebourg, Le Monde vu de la plus extrême droite, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, 2010, pp. 137-138 :

« L’U.R.S.S. consacre le maximum de sa production propagandiste, au-delà même de ce qui est consacré aux “déviances” marxistes-léninistes, à la dénonciation du “sionisme” : entre 1967 et 1978, cent quatre-vingt ouvrages antisémites-antisionistes sont publiés, dont environ une cinquantaine de thèses universitaires, ainsi que plusieurs milliers d’articles dans la presse officielle.

En 1969, Prudence : Sionisme, fantasmant sur l’alliance entre sionistes et nazis, et sur l’équivalence doctrinale entre sionisme et nazisme, est tiré à cinq cent mille exemplaires. Cette pente dialectique mène l’U.R.S.S. à être, à la fin des années 1970, le premier éditeur mondial d’écrits sur les complots des “sages de Sion”. Elle essaime ainsi sa dialectique. »



Araignée « sioniste » à Moscou, 9 mai 1972 (copiée de l’« araignée juive » de la propagande nazie)

 

Allons-y maintenant.

 

Claire Tréan, « Un problème de compétence plus que de complaisance », Le Monde, 8 novembre 1986 :

« On ne peut enfin évoquer le problème du terrorisme en Grèce sans une allusion au Mouvement populaire arménien, un groupe apparemment peu nombreux, qui a pignon sur rue à Athènes et qui n'est autre, de l'avis général, que la couverture légale de l'ASALA. Ce groupe, qui semblait moins actif depuis quelque temps, s'est fait à nouveau remarquer ces dernières semaines, avec le Comité de soutien aux prisonniers politiques arméniens (CSPPA), par des conférences de presse au cours desquelles il a justifié les attentats commis à Paris. Il propage une abondante littérature en diverses langues (arménien, grec, français, anglais, arabe, iranien), de ton extrêmement violent, très antifrançaise et toujours antisémite. Une des brochures s'intitule le Rôle du sionisme dans le génocide arménien, et on a même trouvé à Atatürk un lointain ancêtre juif de Salonique... »

 

Le Rôle du sionisme dans le génocide arménien, Athènes, ASALA, 1985 (les nombreuses fautes de français sont dans l’original) :

« Pendant la période la plus favorable pour l’animation de la Cause Arménienne, au début de la première guerre mondiale, les impérialistes et les sionistes avaient déjà endormi les notables arméniens avec de belles mensonges. Une partie de ceux-là était attirée par ses rêves bourgeoises [sic] ; tandis que l'autre partie avait pris volontairement la voie du trahison envers le peuple arménien. Le résultat fut le carnage d’un million et demi d’arméniens, le pillage de leurs richesses matérielles, et la formation définitive de l’occupation de l’Arménie Occidentale en la transférant de l’Empire Ottoman, à la république Kémaliste ... Jusqu’à le [sic !] fascisme militaire Evrénien. Cette belle somnolence organisée par les états impérialistes occidentaux qui se nourrissaient tous d’un même chaudron, le sionisme ; par l'intermédiaire des loges Francs-Maçonniques existantes dans leurs pays.

À côté de la lutte armée de libération, l’A.S.A.L.A. a entamé déjà avec son organe “HAYASTAN” et avec d’autres publications la révélation du grand secret historique, qui consiste de faire parvenir massivement au peuple la réalité qui fut la cause pour parvenir à la situation actuelle de la grande partie des arméniens de l’ouest en se dispersant sur toute l’étandue du monde dans des conditions infernales.

Les sionistes étant les organisateurs et les metteurs en éxécution éffectifs du grand massacre des arméniens, ils allaient établir naturellement un mur de silence comploteur contre la Cause Arménienne sur le plan international, pour qu’avec le temps en assimilant et en dégénérant les arméniens de la diaspora et même les arméniens de l’Arménie aussi, s’ils l’auraient pu, pour mettre fin au problème de l’Arménie occidentale et à la question arménienne en général - en enterrant définitivement l’Arménie et les arméniens. » (p. 4)

« Avec le travail écrit du feu Professeur John Guiragossian [aussi translittéré en Kirakosian], ex-ministre des Affaires étrangères de l’Arménie soviétique [de 1975 à sa mort, dix ans plus tard], l’œuvre titré[e] : “Les Jeunes-Turcs devant le tribunal de l’histoire”, Erevan, 1982, il mettait directement son doigt sur la plaie, en diffusant la lumière sur les moyens infâmes dont les sionistes ont procédé dans l’organisation des massacres de masses arméniennes. » (p. 5)

« Le Département d’information de l’A.S.A.L.A., en prenent [sic] en considération l’indispesabilité [sic : le caractère indispensable] de faire parvenir cette vérité aux masses arméniennes, voici qu’il republie la partie du travail du Professeur John GUIRAGOSSIAN, cette partie qui englobe les complots des sionistes contre notre nation dans l’intention de son extermination. » (p. 6)

 

Commentaire : Par conséquent, les citations suivantes sont du dirigeant soviétique John Guiragossian, et non plus de l’ASALA.

 

« Les sionistes jouaient déjà un rôle détérminant dans la vie politique de l’empire ottoman, surtout dans la politique anti-arménienne que le sultan AbdulHamid II pratiquait depuis les années 90 du 19ème siècle. Les dirigeants sionistes essayaient de se servir de tous les moyens possibles pour réaliser leur propre projet. De-même ils essayaient de profiter de la question arménienne et de l’antagonisme international propagé autour d’elle. […]

Le mouvement jeune-turc encore dans son berceau avait déjà des sympathisants et des protecteurs juifs. Mais avant de passer à clarifier ce problème, essayons en quelques mots de décrire les liens de dirigeants sionistes avec le pouvoir du sultan à propos de la question arménienne. Rappelons aussi au lecteur que les plus sombres parties du problème jusqu’aujourd’hui encore ne sont pas claires. Quoique ces dernières années des pages d’histoire jusqu’aujourd’hui confuses, sont devenues des propriétés publiques ; cela grâce à la publication des éléments d’archives dans différents pays.

Déjà, en 1898, Arpiar Arpiarian [membre du parti nationaliste arménien Hintchak] avait écrit que “Le Judaïsme n’a pas d’armée mais il a de l’argent. De grands talents juifs brillent en Europe, sa force est énorme. Chaque Etat est plus ou moins sous la domination juive” (15b, N° 20, 1898).

Le père du sionisme, Herzl, avait établi des liens étroits avec Abdul-Hamid II. En 1979, à l’initiative de N. Hovhannessian fut présenté à l’attention publique l’article de l’historien arabe Marouan Bouheïry “Théodore Herzl et la question arménienne” (71), qui décrivait précisément le sale rôle joué par les sionistes pendant la période difficile des arméniens de l’ouest. Le guide des sionistes essayait de profiter de la question arménienne pour fondamentaliser les objectifs politiques du mouvement qu’il dirigeait. En Europe il tentait de convaincre les comités révolutionnaires arméniens de se soumettre au sultan. Il essayait de parvenir à cela, pour que la presse européenne n’écrive pas en faveur des arméniens, et ne donne pas d’importance à la question arménienne. » (p. 8)

« Certains journaux français, justifiaient le gouvernement turc, l’armée et les fonctionnaires; ils surnommaient les arméniens d'agitateurs et sujets déloyaux. Sabah Kulian [Stepan Sabah Kulian, dirigant du parti nationaliste arménien Hintchak] écrivait à propos des rapports de ces journaux avec l'ambassade de la Turquie. Il démontre qu’à la direction du “Journal des Débats” se trouvaient des capitalistes juifs [le Journal des débats était contrôlé par la famille Colas et par Étienne Bandy de Nalèche, qui n’étaient pas juifs], qui reconnaissaient le turc comme leur ami “et qui” considéraient la défense de la Turquie une forme de patriotisme juif (15a, No 149, 1895). En parlant à propos de certains députés juifs de la grande Assemblée Nationale Française, Sabah Kulian avait écrit que “ Sans éxeptions ils sont tous, plus que le turc des ennemis aux arméniens” (15a, N° 202, 1895). 

Le journalisme bourgeois juif presque sans exeption présentait les arméniens comme des demi-sauvages, des brigands” . Le dommage de cette presse était trop grand pour la cause arménienne. Ainsi avait écrit le journal “Haïg” de New-York (11a. N° 9 page, 139-140).

Les journaux “Kôlniche Zeïtung” et “Berliner Bakerbaald” étaient entre les mains des juifs au détriment du problème des arméniens [outre que le nom du second journal est Berliner Tageblatt, rien n’indique que ces journaux aient appartenu à des Juifs : ils ont été mis au pas en 1933, en tant que journaux défendant la démocratie, mais jamais « aryanisé » ; il ne semble pas les nazis eux-mêmes aient affirmé que les rédacteurs juifs y jouaient un rôle particulier]. Le journal “Berliner Bakerbaald” “était plutôt l’organe de l'ambassade turque que celui du parti Libéral allemand”. Ce journal renia [encore une faute de français : il eût fallu écrire « démentit »] les massacres des arméniens, il présenta les arméniens comme “Des révoltés rêveurs d’indépendance”. “Kôlniche Zeïtung” a écrit que “Le sultan, homme tendre était un monarque éclairé et libéral, qui voulait la quiétude et l'amélioration de la situation de tous ses sujets” ; envers lui les arméniens étaient des ingrats (11a. No 9, 1896, page 139). » (pp. 14-15)

 

Commentaire : il est particulièrement intéressant de noter que le complotisme antisémite était déjà prégnant chez les nationalistes arméniens (du moins les hintchakistes) dans les années 1890, et que le mythe du « complot judéo-maçonnico-dönme derrière le Comité Union et progrès » n’est qu’une variante d’un mythe inventé contre le sultan Abdülhamit II dans les années 1890.

 

« En profitant de la concurrence éxistante dans l’état ottoman entre les bourgeoisie arméniennes et juives dans les carrières du commerce et d’agencement ; les jeunes-turcs ont mis avec habileté à leur profits les services anti-arméniennes des sionistes. D’abord, les sionistes de tendance germano-turque avaient encore l'espoir de créer une Palestine autonome sous la protection du pouvoir Jeune-turc de la Porte Sublime.

Par la suite l’évacuation des arméniens hors des circuits commerciaux du Levant, devait être aussi avantageuse pour le capital juif. » (p. 17)

 

Commentaire : ce passage reprend de façon explicite l’antisémitisme socio-économique de certains Arméniens (et plus généralement de certains chrétiens) dans l’Empire ottoman tardif, les entrepreneurs juifs étant alors des concurrents relativement nouveaux, et jouissant d’une meilleure réputation quant à leur honnêteté.

 

« L’un des principaux théoriciens des jeunes-turcs le docteur Nazem était d’origine juif [le docteur Nazım n’était pas d’origine juive] ; en compagnie d’un juif crypto de Salonique (Fayek-Bey Toledo) [je n’ai pas trouvé à qui Guiragossian pensait] il avait visité la branche parisienne de l’organisation juive connue, pour précipiter l’écoulement vers la Mésopotamie des groupes juives [les sionistes n’avaient pas de plans pour une émigration vers la Mésopotamie ; les Jeunes-Turcs, comme Abdülhamit II, favorisaient l’immigration juive dans l’ensemble de l’Empire ottoman, sans vouloir la concentrer sur une région] (78, page, 99) » (p. 22)

« Lowther [diplomate britannique obsédé par les théories du complot] a démontré que les juifs avaient pris en main les points pivotables du mécanisme du gouvernement jeunes-turc [affirmation dénuée de toute apparence de fondement]. Ils ont fait des efforts pour prendre en main le ministère des travaux publics aussi ; mais celui-là a été livré à Halladjian Effendi, et cela pour la seule raison, qu’après le carnage d’Adana il a été indispensable politiquement de laisser entre les mains d’un arménien n’importe quelle portefeuille ministerielle [affirmation grotesque : entre la révolution jeune-turque de juillet 1908 et les affrontements et les massacres réciproques d’Adana et ses environs, en avril 1909, Gabriel Norandounkian avait été ministre du Commerce]. Halladjian consolida sa position lorsqu’il s’est fit inscrire comme membre à la Loge FrancMaçonnique dirigée par Talaat et Djavid. […]

Moustafa Kemal était dans les rangs actifs des sionistes jeunes-turcs de Salonique [affirmation absurde : n’étant pas, contrairement à une légende tenace, de famille juive, Kemal n’avait aucune raison de militer dans une organisation sioniste et n’en a jamais fait partie ; son appartenance à la franc-maçonnerie avant 1914 est possible, mais n’a jamais été prouvée]. Il lui était donné le nom frère de Vetouza Loge. La “Loge” était une partie de l’organisation nihiliste intérnationale [les nihilistes étaient un mouvement spécifique à l’Empire russe et n’a jamais créé d’organisation « internationale »], dans laquelle existaient beaucoup de gens qui avaient perdu leur citoyenneté, leur face nationale, qui parlaient des massacres anti-juifs de la Russie, ou bien à propos des juifs riches de Vienne. […]

« Le professeur d’histoire de l’université de Téhéran Ismaïl Rahine a écrit à propos de la coopération antiarménienne entre les sionistes et les jeunes-turcs [il semble que cet ouvrage soit paru en 1972, donc bien avant la révolution islamique, et pourrait donc relever d’un antisémitisme racial, comme dans les années 1930]. En reconnaissant comme les responsables des massacres arméniens les jeunes-turcs, les allemands, le nationalisme turc, et le panturquisme: l’histoien iranien invite [sic : en bon français, on dit « attire »] l’attention du lecteur sur le rôle négatif des personnages influents juifs de l’empire ottoman. Il mentionne du livre d’un français, “le Dernier bal”, les pages 1-36 et 46-86 où sont inscrites des preuves et des démonstrations à propos des activités anti-arménienne du sionisme international [référence au Dernier bal du grand soir, ouvrage frénétiquement antisémite, publié à Beyrouth en 1957, sous le pseudonyme de Pierre Hépess, par un Arménien libanais, nostalgique du régime de Vichy et même du Troisième Reich]. […]

Ismail Rahine démontre que le plan des turcs était d’éloigner le “danger” de l’Arménie de la voie de l’expansionisme panturquiste afin d’établir des rapports par-dessus l’Azerbaidjian avec l’Asie centrale » (pp. 23-25)

 

Rien n’autorise à prétendre que ces thèses ouvertement antisémites et antimaçonniques n’auraient qu’une audience limitée. La revue Ararat, organe, aux États-Unis, du parti nationaliste arménien Ramkavar (lequel contrôle aussi l’Armenian Assembly of America, l’un des deux principaux groupes arméniens de pression politique outre-Atlantique), a publié, dans son numéro du printemps 1988, un compte-rendu nettement positif du livre de John Guiragossian, sans critiquer, si peu que ce fût, la théorie du « complot judéo-maçonnique » qui structure ce volume. Il est également cité, comme si c’était un livre de référence, dans L’Actualité du génocide des Arméniens, Maisons-Alort, Edipol, 1999 (pp. 279 et 290) — c’est-à-dire dans l’ouvrage collectif suscité par la Fédération révolutionnaire arménienne pour justifier la « reconnaissance » inconstitutionnelle du « génocide arménien ». Encore en 2015, la chaîne de télévision arménienne n° 1 a fait l’éloge de Guiragossian, surtout pour ce livre-là. En 2016, Hranush Karatyan, ancienne adjointe au maire d’Erevan, anthropologue de profession, publiait, dans un livret coédité par le ministère allemand des Affaires étrangères (!), un texte où l’ouvrage précité de Guiragossian figure, sans avertissement, en bibliographie.

Le site officiel de l’Église grégorienne arménienne aux États-Unis a publié en 2020 une biographie entièrement favorable de John Guiragossian, où l’on lit, notamment, que son ouvrage ouvertement antisémite de 1982 a été traduit en anglais en 1992, donc après la chute du régime communisme. Cette traduction figure, sans commentaire, dans une bibliographie du Zoryan Institute, association satellite de la Fédération révolutionnaire arménienne. Elle figure aussi, sans commentaire non plus, dans une bibliographie établie par Claire Mouradian et publiée par la… Revue d’histoire de la Shoah (ce qui en dit long sur l’ignorance du comité de rédaction quant à la question arménienne).

La traduction est citée plusieurs fois par une certaine Patricia Marchak, dans son livre Reigns of Terror, publié en 2003 par l’université canadienne McGill-Queen, supposée la plus sérieuse du pays. Encore en 2007, Richard G. Hovannisian, l’un des deux principaux diffuseurs du nationalisme arménien dans le monde universitaire nord-américain, citait sans précaution et de façon positive le livre antisémite et antimaçonnique de Guiragossian. Et ce ne sont là que des exemples parmi d’autres.

En 2009, un livre (évidemment favorable) consacré à Guiragossian a été publié et présenté à la Bibliothèque nationale d’Arménie, laquelle lui avait précédemment consacré une exposition. Une médaille et une école portent également son nom.

 

Lire aussi, sur le caractère central et structurant du thème antijudéomaçonnique dans la littérature nationaliste arménienne et assimilée :

Paul de Rémusat (alias Paul du Véou) : un tenant du « complot judéo-maçonnique », un agent d’influence de l’Italie fasciste et une référence pour le nationalisme arménien contemporain

Le soutien d’Arthur Beylerian à la thèse du « complot judéo-maçonnico-dönme » derrière le Comité Union et progrès

Le soutien de Vahakn Dadrian à la thèse du « complot judéo-maçonnico-dönme » derrière le Comité Union et progrès

L’antisémitisme de Mevlanzade Rifat, nationaliste kurde, menteur et référence du nationalisme arménien contemporain

Aram Turabian : raciste, antisémite, fasciste et référence du nationalisme arménien en 2020

L’Entente libérale (référence des « historiens » défendant le nationalisme arménien) : antijudéomaçonnisme, racisme antitsigane, putschisme, etc.

L’antijudéomaçonnisme de Jean Naslian, référence du nationalisme arménien contemporain

Le complotisme raciste des arménophiles-hellénophiles Edmond Lardy et René Puaux

L’helléniste Bertrand Bareilles : arménophilie, turcophobie et antisémitisme (ensemble connu)

Le regard sans complaisance de Nune Hakhverdyan et Arman Grigoryan sur la situation intellectuelle en Arménie et en diaspora

Alain Soral de nouveau mis en examen : rappels sur Jean Varoujan Sirapian et le soralisme

Jean-Marc « Ara » Toranian semble « incapable » de censurer la frénésie antijuive de son lectorat

L’obsession des nationalistes arméniens pour le « complot judéo-maçonnique derrière le CUP » : un exemple en octobre 2022

 

Sur la politique soviétique :

1915 : le Premier ministre arménien ébrèche le tabou du « génocide »

L’alliance soviéto-nazie (1939-1941) et les projets staliniens contre la Turquie

L’agitation irrédentiste dans l’Arménie soviétique à l’époque de l’alliance entre Staline et Hitler

La participation de la Fédération révolutionnaire arménienne à la répression sanguinaire des Soviétiques contre les patriotes d’Asie centrale en 1918-1919

 

Sur le contexte des années hamidiennes et jeunes-turques :

La crise arménienne de 1895 vue par la presse française

1897 : le choc entre le loyalisme juif à l’État ottoman et l’alliance gréco-arménienne

L’antisémitisme arménien à l’époque ottomane dans le contexte de l’antisémitisme chrétien

Le rôle des Arméniens loyalistes dans l’Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale

Le loyalisme constant de Manuk Azaryan envers les Turcs

 

Sur le déplacement forcé :

1914-1915 : la mobilisation du nationalisme arménien au service de l’expansionnisme russe

La nature contre-insurrectionnelle du déplacement forcé d’Arméniens ottomans en 1915

Le 24 avril 1915 : mythe, réalités, contexte

Turcs, Arméniens : les violences et souffrances de guerre vues par des Français

Talat Pacha et les Arméniens

Les destins parallèles de Simon Petlioura et Talat Pacha

Le grand vizir Sait Halim Pacha et les Arméniens

mardi 15 octobre 2024

Les destins parallèles de Simon Petlioura et Talat Pacha

 





Simon Petlioura (Symon Petlura) était un dirigeant social-démocrate ukrainien, indépendantiste, président de la République de 1919 à 1920. Talat (Talaat) Bey, puis Talat Pacha, était un dirigeant du Comité Union et progrès (CUP), ministre ottoman de l’Intérieur de 1909 à 1911, puis de nouveau de 1913 à 1917, et finalement grand vizir de 1917 à 1918. Petlioura a été assassiné en 1926 à Paris, par Samuel Schwartzbard, un repris de justice manipulé, armé et renseigné par le renseignement soviétique. Talat a été assassiné en 1921 à Berlin par un terroriste de la Fédération révolutionnaire arménienne, Soghomon Tehlirian, qui avait assassiné un Arménien loyaliste à Istanbul, l’année précédente.

 

Taras Hunczak (professeur d’histoire à l’université Rutgers, États-Unis), Symon Petlura et les Juifs, Paris, Bibliothèque ukrainienne, 1987 (traduction d’un article publié en 1969 par Jewish Social Studies, revue éditée par les Presses universitaires de l’Indiana) :

« Ainsi qu’il a été indiqué plus haut, dès son instauration, en fait, le Directoire [gouvernement ukrainien] adopta une attitude positive à l’égard de la participation des Juifs à la vie politique de l’Ukraine. Non content d’assurer un statut privilégié a la communauté juive, le Directoire lui donna également des droits strictement égaux pour servir dans les diverses administrations du gouvernement ukrainien. Finalement, nous trouvons plusieurs Juifs qui assument des fonctions ministérielles, certains occupant des postes importants au ministère des Affaires étrangères ukrainien, et plus de deux cents autres détenant des fonctions de moindre importance. Conformément aux principes d’égalité sociale, Petlura imposa l’admission des Juifs à l’École des élèves officiers.

La position du Directoire, en ce qui concerne les problèmes d’éducation des Juifs, fut également pleine de sagesse. Sur les conseils d’Abraham Revuts’ky, ministre des Affaires juives, le  gouvernement édicta une loi plaçant l’ensemble des écoles et des établissements d’enseignement juifs sous son contrôle et l’autorisant, par ailleurs, à leur attribuer le neuvième des crédits du ministère de l’Instruction publique. » (pp. 26-27)

« Selon les témoignages de l’époque et dignes de foi, les nombreux appels et ordres de Petlura et de son gouvernement n’étaient pas un vulgaire écran de fumée à l’abri duquel les éléments criminels pouvaient s’adonner librement à leur coupable industrie. Au contraire, ils sont le reflet des actes et de la politique mentionnée par le Directoire. Le colonel Oleksander Dotsenko, qui était l’aide de camp de Petlura, a relaté que quatre Ukrainiens furent fusillés, près de Kiev, pour leur participation aux pogroms. De même, un officier nommé Michtchouk et plusieurs cosaques furent fusillés à la suite du pogrom de Raihorod. Ce même colonel a également confirmé l’exécution du fameux otaman [commandant militaire] Semesenko.

Le colonel Kedrovs’ky, qui etait bien place pour le savoir, a rapporté que rien qu’à Smotrytch  (Volhynie) quatorze cosaques furent fusillés, pour participation à un pogrom. Partout, notamment à Orynyn et à Kytaihorod, ainsi qu’à Talny et Vakhnivka, d’autres, jugés coupables de viol, subirent le même sort.

Arnold Margolin parla également d’exécutions nombreuses, pour participation a des pogroms. Le témoignage ci-dessous est particulièrement édifiant :

“Enfin, je possède une transcription, certifiée conforme, du jugement rendu par une cour miUtaire speciale, le 22 août 1920, concernant Varyvan Vynnyk, accusé d’avoir infligé des blessures a Yossel Aster, au village de Zalukivtsi (près de stanyslaviv, en Galicie) — blessures mettant sa vie en danger. Ce cas fut juge à huis clos. La cour qualifia d’‘inhumain’ le comportement de Vynnyk, et le condamna à être fusille. La sentence fut exécutée le jour même.” » (p. 32)

 

Rémy Bijaoui, Le Crime de Samuel Schwartzbard, Paris, Imago, 2018, pp. 150-152 :

« D’abord, un fait incontestable : il n’existe sous la plume de Petlioura aucun écrit, aucun document, aucun discours antisémite. Bien au contraire, nous le verrons. Ses partisans ne manquent pas de rappeler qu’en 1907 il avait même préfacé une pièce de théâtre de Tchirikov, Les Juifs, dénonçant l’oppression des Juifs en Russie. Cette attitude philosémite est au reste constamment rappelée par les personnalités juives qui ont travaillé, pendant ces années de lutte, aux côtés de Simon Petlioura. M. Sliosberg, ancien président du Comité central de secours aux victimes de guerre et des pogromes, qui témoignera contre lui au cours du procès Schwartzbard, rétablit sur ce point capital la vérité :

“Les amis de Petlioura, selon les rapports des journaux, disent que c’était un homme de grandes qualités, un ami des Juifs. Je ne le nie pas. Je n’admets pas qu’il fût antisémite.”

Vladimir Jabotinski, une grande figure du judaïsme mondial dont nous reparlerons, et qui a bien connu Petlioura, réfute également toute idée d’antisémitisme le concernant :

“C’est un fait, ni Petlioura ni Vynnytchenko, ni aucun membre en vue du gouvernement ukrainien n’ont été des instigateurs de pogroms. J’ai grandi avec eux et, à leurs côtés, j’ai combattu l’antisémitisme ; personne ne parviendra jamais à persuader aucun sioniste du sud de la Russie ni moi-même que des gens de cette qualité peuvent mériter le qualificatif d’antisémites.” […]

Rappelons, pour mémoire, que le gouvernement qu’il présidait comptait plusieurs ministres juifs : le professeur Solomon Goldelman, Abraham Revusky, Moïse Silberfarb, P. A. Krasny, Jacob Latzky-Bertholdi, Arnold Margoline. […]

Ce fut d’abord la loi du 27 mai 1919 qui instaura une Commission extraordinaire d’enquête sur les pogromes, composée de représentants juifs. Cette loi non seulement habilitait la Commission à enquêter sur les pogromes perpétrés, mais elle l’autorisait aussi à traduire directement les coupables devant un tribunal militaire. Une Commission spéciale avait été créée quelques semaines auparavant (9 avril) pour enquêter sur le terrible pogrome de Proskourov.

Dans le même temps, le gouvernement prit la décision d’allouer trois millions de roubles (une somme importante pour l’époque) pour venir en aide à la population juive victime de pogromes. »

 

Robert Belot (professeur d’histoire à l’université de Saint-Étienne), Vladimir Poutine ou la falsification de l’histoire comme arme de guerre, Lausanne, Fondation Jean-Monnet pour l’Europe, 2024, p. 53 :

« Peut-être parce qu’il fut démontré que ces massacres ont été initiés par des commandants locaux et que Petlioura a tout fait pour y mettre un terme. Peut-être aussi parce qu’il paraît évident que les services spéciaux russes ont renseigné et armé la main du meurtrier. »

 

Alla Lazaréva, « L’affaire Petlioura : une grande manipulation venue de Moscou », The Ukrainian Weekly. Édition française, 21 mai 2023 :

« Pour comprendre pourquoi les Français, à l’exception d’un groupe restreint d’amis de l’Ukraine, n’ont pas voulu commémorer cet assassinat commis rue Racine, le 25 mai 1926, il faut se référer aux documents du procès de Sholem Samuel Schwartzbard, l’assassin de Symon Petlioura, très probablement manipulé par les services soviétiques, vu son passé criminel et sa nature aventurière. Son casier judiciaire comporte deux braquages de banques, à Vienne (1908) et à Budapest (1909), et deux passages en prison. Puis il a servi dans l’armée rouge, en 1917, faisaient de lui une proie facile pour le GPOu, l’ancêtre du KGB, même s’il pouvait se croire tranquille à Paris, dans sa petite boutique d’horloger.

Symon Petluoura a donc été tué le 25 mai 1926 à Paris. Samuel Schwartzbard, vêtu d’une blouse blanche d’horloger, lui a tiré sept balles de revolver. Au poste de police, il a expliqué qu’il avait ainsi décidé de venger les pogroms juifs qui ont eu lieu pendant la Première Guerre mondiale et la guerre de libération de l’Ukraine, de 1917 à 1921. Les enquêteurs ont trouvé un portrait de Petlioura découpé dans un journal d’émigrés ukrainiens lors d’une perquisition à son domicile, et la femme de Schwartzbard a témoigné que quelqu’un avait appelé son mari et qu’il s’était précipité hors de la maison et s’était enfui dans ses vêtements professionnels, pour aller commettre son meurtre.

La personne ayant prévenu Schwarzbard par téléphone que Petlioura était venu déjeuner seul au restaurant Bouillon, sans sa femme et sa fille, a été identifiée assez rapidement. Il s’agit de l’agent tchékiste Mikhail Volodin, qui une fois arrivé à Paris, a passé beaucoup de temps avec Schwartzbard et à l’ambassade soviétique, et a très probablement recruté Schwartzbard pour espionner Petlioura et le tuer. Mais il n’a jamais été jugé par le tribunal français pour complicité de meurtre, contre toute évidence. Il a pu quitter la France rapidement après le meurtre. Pourquoi cela ?

Il faut se rappeler que l’avocat de Schwartzbard, maître Henri Torrès, se rendait régulièrement à l’ambassade soviétique : la presse française en a parlé en 1926, très ouvertement (en particulier, Le Figaro). A l’époque, une habile manipulation, soutenue par une campagne de presse, a su transformer le procès du meurtrier en condamnation sans appel de sa victime, avec un soutien du Parti Communiste Français et de ses amis disposants de multiples relais. Pour appuyer la défense de Schwartzbard, un certain Bernard Lecache qui n’était ni juge d’instruction, ni fondé de pouvoirs dans l’affaire, toujours avec l’aide de l’ambassade de l’URSS, s’est vu faciliter un voyage en Ukraine “pour réunir des preuves” et y sélectionner des documents d’une manière très tendancieuse.

Il n’a pas hésité à utiliser des traductions falsifiées de la presse, comme l’a montré à l’époque un académicien ukrainien, Serhiy Yefremov, dans son Journal intime. Ensuite, à la place des témoins oculaires, ce sont des gens fort éloignés de la scène du crime qui ont pu témoigner lors des audiences. Et enfin, le plus important : pour maître Torrès, l’affaire Schwartzbard est devenue un tremplin pour une carrière fulgurante d’avocat, et pour Lecache, un prétexte pour fonder la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), qui joue un rôle influent en France jusqu’à nos jours. »

ð  Autre manipulation du stalinien Lecache : dans son livre Au pays des pogromes, Paris, éditions du Progrès civique, 1927, il occulte les tueries de Juifs organisées par certains éléments de l’Armée rouge, et à qui Lénine, contrairement à Petlioura, avait garanti l’impunité, y compris après la victoire des communistes, en 1921-1922 (sans joie, il est vrai, mais sans hésitation non plus). Par ailleurs, la nature du régime était dénuée de toute ambiguïté, dès cette époque, notamment après l’invasion de la Géorgie en 1921, en violation du traité russo-géorgien du 7 mai 1920, l’écrasement de la révolte libertaire de Cronstadt au même moment, le procès inique la « conjuration de Tagantsev », toujours en 1921 (96 personnes condamnées à mort et fusillées, sur la base d’accusations fabriquées), l’expulsion d’un groupe d’intellectuels en 1922, la parution du recueil Tché-ka : matériaux et documents sur la terreur bolcheviste recueillis par le Bureau central du Parti socialiste révolutionnaire russe, à Paris, toujours en 1922, et le procès-spectacle, à Moscou, la même année, des sociaux-révolutionnaires (opposants de gauche aux communistes), etc. Ce procès a d’ailleurs conduit l’écrivain Anatole France à rompre avec le communisme (il avait cessé, plus discrètement, de soutenir le nationalisme arménien vers la fin de la Première Guerre mondiale).

 

Odile Moreau, L’Empire ottoman à l’âge des réformes. Les hommes et les idées du « Nouvel Ordre » militaire (1826-1914), Paris, Maisonneuve et Larose, 2007, pp. 70-71 :

« Après la “révolution jeune-turque”, l’École militaire de Harbiye fut ouverte aux élèves non-musulmans en 1910 [Talat est alors ministre de l’Intérieur]. En 1912, les premiers officiers non-musulmans furent promus à l’issue du nouveau cursus de deux ans. Sur 394 officiers, il y avait 3 Grecs, 4 Arméniens et un Israélite. L’un des Grecs était classé parmi les seize premiers, auxquels le sultan remit en cadeau une montre en or. Le sultan, le prince héritier, le ministre et les hautes autorités militaires assistaient à la cérémonie ainsi que le patriarche œcuménique, le grand rabbin et les représentants de l’exarque bulgare et du patriarche arménien. […]

Les musulmans dirent “vallâhi bi-Allâhi” sur le Coran, les chrétiens prêtèrent serment sur l’Évangile et les Israélites sur le Talmud. »

 

« La crise turque — Le nouveau cabinet », Le Temps, 18 juin 1913, p. 2 :

« Le nouveau ministère est officiellement constitué. Il sera constitué comme suit :

Grand vizir : Said Halim Pacha.

[…]

Intérieur : Talaat bey.

[…]

Postes et télégraphes: Oskan [Mardikyan] Effendi (unioniste) [c’est-à-dire membre du Comité Union et progrès, le CUP, appelé à l’étranger « les Jeunes-Turcs »] »

 

Şinasi Orel et Sürreya Yuca, Les « Télégrammes » de Talât Pacha. Fait historique ou fiction ?, Paris, Triangle, 1986, p. 125 :

« DOCUMENT AUTHENTIQUE N° LII

Télégramme chiffré du ministère de l’Intérieur aux préfectures de Hudavendigâr, Ankara, Konya, Adana, Alep, Sivas, Mamuretilaziz, Diyarbakır, Erzurum; aux sandjaks d’Izmit, Maraş, Urfa, Zor, Kütahya, Karesi, Niğde, Karahisârisahib, Kayseri.

“L’objectif visé par le gouvernement en faisant déplacer les Arméniens de leurs lieux de résidence vers les régions prévues est d’empêcher leurs agissements contre le gouvernement et de les neutraliser afin qu’ils renoncent à leurs aspirations relatives à la création d’un gouvernement arménien.

L’objectif visé par le gouvernement n’étant pas l’extermination des innocents, le gouvernement exige que toutes les mesures adéquates soient prises pour la protection des Arméniens pendant le transport et pour leur ravitaillement grâce aux allocations des émigrés. Il ordonne de ne plus déplacer les Arméniens, sauf ceux qui sont déjà en train de l’être, de ne plus transférer, comme il a été indiqué auparavant, les familles des soldats, ainsi que les artisans dont on a besoin et les Arméniens protestants et catholiques.

Procéder immédiatement à des enquêtes judiciaires afin de punir sévèrement d’une part les personnes qui s’attaquent aux convois, qui commettent des vols, qui, emportées par des sentiments bestiaux, violent des femmes et d’autre part les fonctionnaires et les gendarmes qui les ont incitées. Limoger les fonctionnaires qui sont mêlés à ce genre d’affaires, les traduire devant les tribunaux militaires et communiquer leurs noms. Dans ce genre d’incident, la responsabilité incomberait à la préfecture/au sandjak.

16 août 1331 (29 août 1915)

Le Ministre de l’Intérieur [54].” »

 

Ibid., p. 104 :

« DOCUMENT AUTHENTIQUE N° IX

Télégramme chiffré du ministère de l’Intérieur au sandjak de Kal’a-i Sultaniye (Çanakkale).

“Réponse à la lettre du 16 mai 1331 (29 mai 1915).

Il n’y a aucun inconvénient au voyage du sous-préfet de Bayramiç, Karabet Efendi [un Arménien, comme son nom l’indique], à Istanbul. 23 mai 1331 (5 juin 1915) [9].” »

 

Télégramme de Talat, 22 juillet 1915, traduit dans Erman Şahin, « Review Essay : the Armenian Question », Middle East Policy, XVII-1, printemps 2010, p. 155 :

« En conséquence, il est de la plus haute importance de renforcer vigoureusement la sécurité publique aux limites de la province [de Diyarbakır], en particulier sur la route empruntée par les convois d’Arméniens, et d’éviter tout retard dans le transport militaire. Les résultats des mesures prises devront être rapportés. »

 

Télégramme de Talat à la préfecture d’Ankara, 29 août 1915, Hikmet Özdemir et Yusuf Sarınay, Turkish-Armenian Conflict Documents, Ankara, TBMM, 2007, p. 235 :

« La question arménienne qui se posait dans les provinces orientales est résolue. Pour autant, il est inutile d’endommager l’image de notre nation et de notre gouvernement par des actes de cruautés qu’aucune nécessité ne justifie. En particulier, l’attaque récente qui a eu lieu contre des Arméniens près d’Ankara a causé beaucoup de regret au ministre, qui a constaté que l’évènement s’est produit suite à l’évidente incompétence des officiers chargés de superviser le transfert des Arméniens, et à l’audace de gendarmes et d’habitants de la région, qui ont agi en suivant leurs instincts bestiaux, violant et volant les Arméniens. Le transfert d’Arméniens, qui doit être appliqué dans l’ordre et avec prudence, ne doit jamais, à l’avenir être confié à des individus animés d’une hostilité fanatique, et les Arméniens — tant ceux qui sont transférés que les autres — doivent absolument être protégés contre toute agression, contre toute attaque. Dans les lieux où une telle protection ne pourrait pas être assurée, le transfert doit être reporté. À partir de maintenant, les officiers chargés [du transfert] seront tenus pour responsables, compte tenu de leur rang, de toute attaque qui se produirait, et renvoyés en cour martiale. Il est nécessaire de donner des ordres très stricts à cet égard, au personnel concerné.

Le ministre [de l’Intérieur Talat]. »

 

Télégramme de Talat à la préfecture de Konya, 9 septembre 1915, ibid., p. 261 :

« Ahmed de Siroz et son ami Halil ont été transférés à Konya aujourd’hui, afin d’être jugés devant une cour martiale de la 4e armée, pour avoir assassiné des Arméniens et dérobé leurs biens. Il faut veiller à ce qu’ils ne s’échappent pas, à ce qu’ils soient mis sous bonne garde, jusqu’à réception des instructions de Cemal Paşa à leur égard.

Le ministre [de l’Intérieur Talat]. »

 

Yusuf Sarınay, « Le jugement des agents ayant transgressé les dispositions relatives au transfert des Arméniens devant la Cour martiale »

« Ahmed de Siroz et son ami Halil, jugés pour homicides et vols commis contre les Arméniens avaient été emprisonnés à Konya sur ordre du général Cemal Pacha afin d’empêcher une éventuelle évasion lors de leur transfert de la cour martiale de la 4ème Armée vers Konya, puis jugés devant la cour martiale de Syrie, ils furent pendus à Damas (BOA, HR, SYS, nr.2882/29-25) (BOA, DH, SFR, nr.55 A /177) »

ð  Cette double exécution est aussi mentionnée par Hilmar Kaiser, historien partisan de la qualification de « génocide arménien », mais sans citer l’intervention de Talat, qu’il ne peut pourtant pas ignorer.

 

Yusuf Sarınay, « The Relocations (Tehcir) of Armenians and the Trials of 1915–16 », Middle East Critique, XX-3, automne 2011, p. 307 :

« En conséquence, après le mémorandum du ministre de l'Intérieur Talat Pacha du 28 septembre 1915, le Cabinet a décidé de créer trois commissions d'enquête. Cette décision importante reflétait la position du gouvernement ottoman : les preuves évidentes de mauvaise conduite et de violation de la loi par certains fonctionnaires et citoyens locaux lors de la réinstallation ont nécessité la création de ces commissions, chacune ayant pour tâche d'enquêter sur les conditions locales, d'identifier les personnes responsables et de les traduire devant les cours martiales. […]

Avant même que cette décision ne fût prise par le cabinet, le gouvernement avait ordonné aux membres de chaque commission de se préparer à cette responsabilité, ce qui montre à quel point il était sensible aux rapports sur l'échec de certains responsables locaux à empêcher une rupture de l'ordre public pendant la réinstallation forcée. »

 

Kâmuran Gürün, Le Dossier arménien, Paris, Triangle, 1984 :

« La note codée du 14 juin 1915 (1er juin 1331) est assez importante :

“La préfecture d’Erzurum nous a informé qu’une colonie de 500 Arméniens qu’on avait fait partir d’Erzurum a été tuée par des tribus entre Erzincan et Erzurum. Il faudra veiller à défendre la vie des Arméniens que l’on met sur les routes ; il faudra, bien entendu, châtier ceux qui, pendant leur transfert, tenteront de fuir ainsi que ceux qui attaqueront les personnes chargées de la protection. Mais il ne faudra jamais mêler à cela la population. Nous ne devons laisser absolument aucune possibilité à ce que se reproduise ce genre d’événements. En conséquence, il faudra prendre toutes les mesures qui s’imposent pour protéger les Arméniens contre les attaques des tribus et des villageois ; il sera également nécessaire de punir sévèrement les meurtriers et les voleurs.” » (p. 256) 

« Ceux qui furent reconnus coupables furent déférés au tribunal de siège. Voici le nombre des cas dans quelques provinces et arrondissements :

Sivas : 648

Mamuretelaziz : 223

Diyarbakir : 70

Bitlis : 25

Eskisehir : 29

Sebinkarahisar : 6

Nigde : 8

Izmit : 33

Ankara : 32

Kayseri : 69

Syrie : 27

Hüdavendigar : 12

Konya : 12

Urfa : 189

Canik : 14 » (pp. 258-259)

 

Norman Stone (professeur d’histoire à l’université d’Oxford, puis à l’université Bilkent), « Armenia and Turkey », Times Literary Supplement, 15 octobre 2004 :  

« Il y a une erreur qui ruine vraiment les efforts de [Peter] Balakian. Il s’appuie sur un faux qui a été révélé comme tel il y a plus de quatre-vingts ans, les “documents Naim-Andonian”. Il écrit ici, page 344 : “Les Britanniques ont libéré, à l’été 1921, quarante-trois prisonniers turcs accusés d’avoir perpétré les massacres arméniens” ; il suggère que cela s’est produit parce que les Turcs nationalistes avaient capturé des officiers britanniques. Mais le fait est que les officiers de police judiciaire ont indiqué qu’il n’y avait aucune charge contre ces Turcs (internés à Malte). Certains documents les incriminant ont été retrouvés, colportés par un certain Andonian, sur la base de prétendues confessions d’un certain Naim (“Massacrez tout le monde mais gardez le secret”, telle était la teneur générale, et, à la page 346, Balakian en reproduit une partie). Mais les juristes [britanniques] ont écarté les documents comme étant des faux, et les avocats allemands [de la défense] au procès de l’assassin de Talaat Pacha en 1921 ont également écarté Andonian (préférant, de manière assez bizarre, le témoignage par ouï-dire d’un ecclésiastique nommé, en l’occurrence, Balakian). »

 

La Licra n’a jamais fait amende honorable pour avoir été fondée par un propagandiste stalinien — pas plus que pour avoir relayé, encore en 1952, la propagande stalinienne, cette fois contre le réarmement de l’Allemagne, dans un contexte de guerre froide paroxystique, de nouvelles purges à l’Est, et alors que l’antisémitisme stalinien ne faisait déjà plus aucun doute. Bien au contraire, en 2006, son président d’alors, Patrick Gaubert (ancien conseiller de Charles Pasqua, homme probe s’il en est…) s’était fendu d’une tribune diffamatoire dans Le Monde, contre Petlioura, et contre les Ukrainiens en général, dont « la belle aventure “atlantiste” » (pourquoi cet adjectif plutôt qu’« européenne », « occidentale » ou tout simplement « démocratique » ?) commencée en 2004 aurait « viré au cauchemar » (exactement le vocabulaire qu’aime lire l’ambassade de Russie à Paris), avec pour unique « argument » une commémoration de Petlioura en Ukraine et une autre à Paris. Cela provoqua une réplique très argumentée de Daniel Beauvois, professeur émérite d’histoire à l’université de Paris-I-Sorbonne, que Le Monde n’eut pas le courage de publier — pas plus qu’il n’avait eu le courage de publier un droit de réponse de Bernard Lewis en 1995. En 2012, la Licra a publié un éloge de l’assassin, salissant encore sa victime, au mépris de toute vérité historique. En 2017, elle est allée encore plus loin dans le délire, en qualifiant Petlioura de « génocidaire », pas moins. Or, c’était après l’invasion de la Crimée, après celle du Donbas, après qu’un avion civil d’une compagnie néerlandaise fut abattu par les forces russes et après la tentative de faire élire Marine Le Pen en France.

Encore en 2021, alors que les menaces russes contre l’Ukraine se multipliaient et que la propagande poutiniste battait son plein, la Licra n’a rien trouvé de mieux que d’y apporter sa contribution en réitérant sa calomnie contre Petlioura et en approuvant l’acquittement de son assassin. Le texte ajoute : « On peut ainsi rapprocher le geste de Schwartzbard de celui de Soghomon Tehlirian sur la personne de Talaat Bey, en 1921. Cet Arménien dont la famille avait été exterminée au cours du génocide de 1915 avait identifié l’ancien ministre de l’intérieur de l’Empire ottoman réfugié à Berlin et l’avait abattu. »  Ce faisant, la Licra répétait un mensonge de Tehlirian à son procès : en réalité, son père, son frère et ses deux oncles avaient déménagé à Belgrade avant 1914, pour des raisons de pure opportunité professionnelle, et ils y sont décédés de mort naturelle bien après 1918 ; par ailleurs, il n’a jamais eu de sœur, or il a prétendu, au procès, avoir vu sa sœur se faire violer puis tuer. La Licra omettait aussi de préciser que Tehlirian s’est engagé, dès 1914, et bien qu’il ne fût pas de nationalité russe mais ottomane, dans l’armée de Nicolas II, le tsar le plus antisémite de l’histoire russe, qui finançait la propagande antijuive et couvrait les auteurs de… pogromes.

En effet, la Licra s’est placée, depuis les années 1990 au moins, du côté du nationalisme arménien. On vit ainsi, en 1995, cet effarant spectacle de la Licra se joignant à Patrick Devedjian — l’ancien cogneur néofasciste, condamné au moins deux fois, complice de François Duprat dans la dissémination du négationnisme à l’extrême droite, puis apologiste enflammé de l’ASALA, groupe terroriste à l’antisémitisme meurtrier — contre l’historien anglo-américain Bernard Lewis.

Obsédée par la répression légale de ce qui ne va pas dans le sens de l’ultranationalisme arménien, la Licra fut ensuite, en 2015, tiers intervenant devant la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Perinçek contre Suisse, en soutien au très poutiniste gouvernement arménien de l’époque — lequel soutenait le point de vue russe sur la famine en Ukraine de 1932-1933… La Grande chambre a confirmé la décision de la 2e chambre, qui donnait raison à M. Perinçek. La Licra n’a tiré aucune leçon de cet échec, bien au contraire. Inversement, elle n’a jamais jugé utile de poursuivre l’antisémite Jean Varoujan Sirapian, ancien vice-président du Conseil de coordination des associations arméniennes de France, pas plus qu’elle n’a poursuivi ne fût-ce qu’un seul des innombrables agitateurs arméniens qui ont déversé leur haine raciste contre Robert Badinter.

 

Lire aussi, sur la politique arménienne des jeunes-turcs :

Talat Pacha et les Arméniens

Le grand vizir Sait Halim Pacha et les Arméniens

Hamit (Kapancı) Bey et les Arméniens

Le rôle des Arméniens loyalistes dans l’Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale

Artin Boşgezenyan : un Jeune-Turc à la Chambre des députés ottomane

Le rôle du député jeune-turc Dikran Barsamian dans la reconstitution du Comité Union et progrès, fin 1918

Florilège des manipulations de sources dont s’est rendu coupable Taner Akçam

L’urologue Yves Ternon : menteur sous serment

 

Sur l’assassinat de Talat :

L’assassin et menteur Soghomon Tehlirian : un modèle récurrent pour le terrorisme arménien contemporain

Le mensonge selon lequel cinq des « documents Andonian » auraient été « authentifiés » au procès Tehlirian (1921)

 

Sur le rôle de la Russie tsariste, de l’URSS et de la Russie poutinienne :

Arthur Tchérep-Spiridovitch : arménophile militant, antisémite professionnel, raciste aryaniste et inspirateur du nazisme

1914-1915 : la mobilisation du nationalisme arménien au service de l’expansionnisme russe

Le caractère mûrement prémédité de la révolte arménienne de Van (avril 1915)

La participation de la Fédération révolutionnaire arménienne à la répression sanguinaire des Soviétiques contre les patriotes d’Asie centrale en 1918-1919

L’alliance soviéto-nazie (1939-1941) et les projets staliniens contre la Turquie

L’agitation irrédentiste dans l’Arménie soviétique à l’époque de l’alliance entre Staline et Hitler

La popularité du stalinisme dans la diaspora arménienne

Le consensus poutiniste chez les nationalistes arméniens

Margarita Simonyan (Russia Today) en appelle à « la famine »

 

Sur l’ukrainophobie démentielle et compulsive que manifestent beaucoup de nationalistes arméniens :

La rage ukrainophobe des nationalistes arméniens : des exemples en septembre 2023

L’hostilité intangible des nationalistes arméniens à l’égard de l’Ukraine

 

Sur leurs combats contre la liberté d’expression :

4 mai 2011 : le Sénat de la République française dit non au tribalisme et au terrorisme arméniens

La triple défaite des nationalistes arméniens devant le Conseil constitutionnel (2012, 2016, 2017)

La Cour constitutionnelle belge rejette les prétentions liberticides du Comité des Arméniens de Belgique

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Le journaliste britannique Morgan Philips Price : un demi-siècle d’observations pertinentes sur l’expansionnisme russe et son utilisation du nationalisme arménien

    Morgan Philips Price (1885-1973) était un journaliste et un homme politique britannique (membre du Parti libéral, puis député travai...

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